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réé en décembre 2003, le collectif surletoit réunissait sept indépendants

Etre indépendant, c’est chouette, on se lève quand on veut, on se fait des cafés quand on veut, on travaille où on veut et avec qui on veut, et à l’occasion, on mange et part en vacances quand on peut.

rencontrés lors de productions multimédia pour différentes boîtes durant les dernières années. L’idée était simple : se réunir pour continuer de faire de la conception réalisation de projets multimédia, mais plus pour des agences ou studios, juste pour nous.

Monter un collectif

Un collectif, c’est des gens qui sont contents de faire des trucs ensemble et qui ont trouvé un bon prétexte pour se voir et boire des coups : le travail.

paraît relativement simple, et ça l’est en effet. Il suffit de trouver les gens qui sont compétents et avec qui on aime travailler.
Le faire perdurer est une autre histoire, surtout dès lors qu’il commence à y avoir un enjeu, et qu’on a des envies de mettre en place de nouvelles façons d’aborder le monde du travail.

1. travail, subst. masc. (du b. lat. tripalium, de tri, trois, et , pieu) " dispositif servant à immobiliser les grands animaux (chevaux, bœufs) pour pratiquer sur eux certaines opérations "
2. Monde souvent hostile dans lequel on passe au moins le tiers de nos journées, où l’on effectue une tâche contre une rétribution (normalement).



Créer une structure juridique

Nous avions le choix entre :
- l’association à but non lucratif, mais on a espéré qu’on allait lucrer un peu quand même.
- la SCOP, société commerciale de type SARL ou SA, dont les associés majoritaires sont les salariés, qui décident collectivement selon le principe coopératif "une personne = une voix", indépendamment du montant de capital détenu. Réunis autour d’un même projet économique et des mêmes valeurs, ils s’impliquent totalement dans l’entreprise. Cela nous allait bien dans l’esprit, mais nous ne voulions pas nous salarier.
- le kibboutz, ça c’est notre comptable qui nous appelle comme ça, mais bien qu’il y ait des points communs en effet, nous ne répondions pas à l’intégralité de sa définition, notamment le fait que nous sommes restés autonomes dans notre habitat. "Unité de peuplement dont les membres sont organisés en collectivité sur la base de la propriété commune des biens, préconisant le travail individuel, l’égalité entre tous et la coopération de tous les membres dans tous les domaines de la production, de la consommation et de l’éducation."
- la SARL, la société à responsabilité limitée, et on a bien aimé le coup de la responsabilité limitée parce que tout de même, nous sommes tous à charge d’une famille fort nombreuse.

en est encore une autre, elle nous a d’ailleurs pris un certain temps, un temps nécessaire pour tenter d’éviter au maximum de reproduire les dérapages souvent vus entre associés. Aujourd’hui, nous sommes cinq quatre associés d’une SARL à sept euros de capital.

Sept, pourquoi sept ? Car on était sept au tout début... Un hommage sensible en somme. Quant à la petitesse - voire l’inexistance - du nombre de zéros dans ce capital, c’est juste parce qu’on s’est dits qu’il serait peu probable qu’à 1.40 € la part, on se foute sur la gueule.



Notre démarche est celle d’une expérience collectiviste qui repose sur certains principes :

* Liberté

Notion assez abstraite exprimant la faculté d’agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d’agir.

de chacun des membres

Un membre est une partie d’un corps ou d’un ensemble organisé qui est capable de mouvements autonomes.

de travailler en dehors de surletoit, ce qui a deux avantages :
- pour les individus, la non exclusivité nous permet d’avoir le choix, de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, de continuer à croiser d’autres gens… d’être indépendants en somme !
- pour surletoit, pas d’obligation de trouver des projets pour faire tourner la boîte, donc plus de liberté, moins de pression, qui nous permet le luxe de pouvoir choisir les projets sur lesquels on veut travailler. Du coup, on les fait avec cœur.

* Engagement individuel & possibilité de désengagement. Chacun d’entre nous est libre de quitter le collectif quand il le souhaite, chacun son évolution de vie. L’important c’est de se dire les choses… A propos, vivent les coups de gueule, ça permet de se situer, de se remettre en question, et d’avancer.

* Fonctionnement économique participatif. Partage des responsabilités

Une dervish-gérance avait été évoquée, mais la paperasseries et les complications inhérentes à toute modification – sans parler des sous qui partent avec – nous ont arrêté pour une mise en application telle quelle. Nonobstant, on tournera dans nos têtes.

, procurations multiples, participation de tous aux tâches fastidieuses.

On essaie de tous se coletiner aux trucs chiants. Il arrive même que certains trucs chiants deviennent ludiques, et ce grâce à l’humour naturel de certains d’entre nous. Envoi gratuit de comptes rendus de réunion, fous rires garantis.



* Rémunération en fonction du travail effectué, basé sur l’honnêteté des intervenants.

* Questionnement systématique sur le bien-fondé de participer à tel ou tel projet. Nous cherchons et revendiquons une certaine éthique

Pas toujours facile d’être cohérent par contre ! Et quand on réfléchit bien, si on voulait être cohérents jusqu’au bout, on arrêterait de travailler.

dans les projets signés surletoit.

* Mise en place d’une caisse de solidarité contre les coups durs, les mauvais payeurs... Par exemple, le FSCE

Fonds de Solidarité Contre les Enfoirés

a été créé pour pouvoir lancer une injonction de paiement sans que l’indépendant touché par le mauvais payeur en supporte seul les répercussions.